Buen viaje ARTHUR

Un café ce matin avant que tu ne partes en voyage, tu avais le visage beau et rayonnant content on le sentait de retourner la bas. J’aurais aimé t’embrasser, être capable de te dire des choses qui me sont toujours plus faciles d’écrire. Nous (j’ai) avons parlé de tout et de rien, de tous ces gens qui nous ressemblent si peu que nous lisons ou avons lu, fatigués parfois de ce manque de « vie » qu’ils dégagent ! J’aurais aimé partir avec toi, oublier le temps d’un voyage toutes ces choses qui me tracassent, me polluent, m’empêchent d’avancer. J’aurais aimé que tu sois mon guide, que nous découvrions des choses ensemble, nous forgions des souvenirs. J’aurais aimé … mais ma vie est ainsi faite, des j’aurais aimé, des j’aimerais, des si j’avais su etc.…

Bon voyage « mon » Arthur «, profite, prends en plein les yeux et la tête et fais nous de beaux billets. Reviens (moi) nous vite avec ou sans D’Artagnan mais surtout avec ce sourire enfantin qui t’allait si bien ce matin.

Buen viaje y cuidate

Lettre de David à Arthur le 24 Mai 2011

Argy, le 24 mai

Mon ami,

La terre manque d’eau. La terre est sèche. La terre est craquelée, et souffre d’absence. Tu es loin aujourd’hui. Tu t’es transporté vers un autre horizon. Tes pieds foulent un sol inconnu, sans nom.  Comme je t’envie. M’arracher de ce quotidien m’est impossible dans cet instant. J’assume mes choix.

Le jeune homme commence à vieillir, je le sens. Il perd, un peu plus chaque jour, ses illusions. Il aimerait pourtant rêver encore. Il aimerait toucher du doigt son destin. Il s’est déjà pris les pieds dans son empressement, mainte fois. Il se relève aussi. Je le sais. Ce jeune homme vieillit au rythme de ses chutes.

Aujourd’hui, il est debout, il fait face. Son regard est franc. Il a décidé de faire un voyage, une odyssée sur place. Sa route va être longue cette fois, pas moyen de s’en échapper. Je le sais. Il le fait pour rompre ce cercle, celui qui l’étouffe, qui l’oppresse. Alors il s’est entouré d’un homme d’expérience habituer à ces excursions. Il a amené avec lui ses fantômes, sa famille et ses cauchemars aussi. Il veut s’en affranchir. Ça va être long. Je le sais.

Tous les jeudis, c’est la même chose. Il quitte le travail un peu plutôt le Midi. Il ne mange pas. Il mangera après. Sa tête est vide. Il conduit automatiquement. Il traverse la ville lentement. Ses pensées ne vagabondent pas, elles baraudent de bord en bord. Il cherche par quoi commencer. Le début, il doit trouver le début d’une phrase. Il est dans l’incertitude, aucun mot ne lui vient. Les allées et les rues défilent dans un travelling trop rapide. On ne voit pas les gens déambuler, ni les arbres. Il se gare dans cette rue au nom étrange. Cela participe à cette intemporalité, à ces pays qui le peuplent. Il sort. Il a très envie d’une cigarette. Parfois il en a, parfois pas. Il y a un tabac juste à deux pas. Ça lui arrive d’y faire un saut. Alors il grille une tige, un clou de cercueil, le sien. Le portail est blanc en fer forger. Sur la droite, un rosier rose. Il déborde de fleurs. Sa hauteur est impressionnante. Le jeune homme a même l’impression qu’il est plus grand que lui. Le rosier cache une fenêtre. Et puis en face il y a la porte. Il frappe. L’homme d’expérience ouvre. Certaines fois, il doit attendre ça dépend de l’homme d’expérience. Il observe alors. Les rideaux sont neufs. Ils viennent d’IKEA. Il y a encore l’étiquette et le prix 9€95. Il aurait pu en acheter seize depuis le début. Quand il rentre, il lui serre la main. Enfin, il ne sait plus trop, peut-être qu’il va s’assoir sans faux-fuyant. Et puis une fois assis, il fait face à cet homme. Crois-moi , cher Ami, qu’il n’y a personne d’autre qui interfère. Il est seul à en pleurer. C’est ce qui lui arrive par moments. Toutes cette souffrance, cette absence qu’il est craquelé qu’il est sec. Il manque d’eau et ses larmes ne coulent plus.

Bien à toi, mon cher Arthur

David

A Porthos et Aramis

A vous mousquetaires,

Je serais absent pendant une semaine. Je pars en voyage, en liaison indirecte avec mon boulot.

Aramis sait où, ma discrétion ne souhaite pas indiquer directement la destination. Mais c’est loin: 12 heures d’avion, je vais traverser les mers, et retrouver un pays avec qui j’ai beaucoup d’attaches sentimentales, un pays qui pour certains est un enfer , et qui pour moi a été un paradis.

Je devrais être content, je suis très angoissé. Aucune raison à cela. Mais j’ai l’impression d’être en fin de vie, que mes jours sont comptés. Rassurez vous , je n’ai aucune envie de me suicider. Mais je suis envahi d’un sentiment curieux, qui me pousse à profiter au maximum de chaque instant présent. Ca ne m’est jamais arrivé , je trouve ce sentiment étrange. En même temps, je me sens très serein, heureux, juste un peu étonné si ça doit s’arrêter là, dans les prochains jours.

La finitude d’une vie!!!!

En même temps, je me dis que je suis sans doute angoissé de retrouver cette ville folle, grouillante, colorée, ses habitants, si chaleureux et justement très dignes devant la mort, très détachés aussi. Je crois que j’ai peur d’être déçu, de ne pas retrouver mon paradis que la nostalgie a en plus dû rendre encore plus beau qu’il n’était, et qu’il n’est aujourd’hui….

Je penserais beaucoup à vous. Vous serez une force pour moi: un pour tous, tous pour un!!!

Je vous embrasse

Athos

PS: Et qui sait?  peut-être ramènerais-je un D’Artagnan? (enfin, ça m’étonnerait quand même….)

Lettre à David et Arthur

Mes amis,

Demain je quitte enfin ma grotte pour un nouveau chez moi. Oh pas beaucoup plus grand, mais plus clair et dans lequel je me sentirais mieux, c’est évident.

Vous savez quoi ? J’ai un rêve : vous y accueillir tous les deux un jour, vous y préparer un bon dîner , boire une bonne bouteille et passer un moment avec vous, échanger, rire, pleurer, vivre quoi !! Je sais que c’est mission quasi impossible, mais j’ai envie d’y croire, me dire qu’un jour peut être…Nous nous retrouverons tous les 3 comme les mousquetaires, nous rassurer, nous apaiser, consolider ces liens qui me font chaud au cœur. Vous êtes de belles rencontres, quand les doutes m’envahissent sur l’utilité de mon blog et de tout ce virtuel, je pense à vous deux et tout s’apaise.

Alors je vais prendre une bonne bouteille de blanc d’alsace (vendanges tardives) que l’on m’a offert, la mettre au frais et ne plus y toucher, elle sera la , vous attendra.

Je vous embrasse

Philippe

lettre à David

Cannes, le 16 mai

Il fait beau sur la Croisette. Il fait doux, le vent est agréable …j’adore le vent, j’adore la brise marine qui caresse les corps, les êtres.

Je vous ai cherché, mais je savais bien que vous n’étiez pas là…Cela fait un moment que vous ne venez plus à Cannes…j’ai compris pourquoi en vous entendant dimanche matin sur France Inter. J’étais étonné, car je ne m’attendais pas à vous y trouver…mais comme d’habitude , vous avez dit des choses envoutantes, parfois étranges pour un néophyte , mais si vrai..!!.Je suis un admirateur , quasi inconditionnel il faut dire…votre absence des toiles m’attristent, mais vous êtes apparemment lancé sur de nouveaux champs créatifs (enfin, pas si nouveaux que ça à la réflexion, c’est bien ça , votre richesse, votre puissance: votre palette de talents!) qui fait que l’on vous apprécie tant….

J’ai beaucoup aimé ce que vous avez dit sur les noms des personnages…ils ont pour vous une importance capitale…s’appeler Arthur, David ou Philippe, Frédéric ou Vincent par exemple, n’est pas anodin, et joue sur votre personnalité…du coup, je me suis posé la question à moi-même: que cela change-t-il dans ma vie de me baptiser virtuellement Arthur Montignac?…que cela entraine-t-il pour mon identité, pour mon moi? Quelles peuvent en être les conséquences? Un dédoublement de personnalité? Ou au contraire une vie bien réglée entre mon personnage dans la vie réelle, et mon personnage virtuel? Il me semble que ce sont les mêmes personnages, mais peut-être que je fais fausse route? peut-etre que peu à peu l’un va déteindre sur l’autre?

En tous les cas, vous avez un beau prénom. C’est en écoutant vos paroles que j’ai cherché dans ma tête la signification de David.  Je ne suis pas allé voir sur Wikipedia ou autre part sur le net…pas besoin……….

David, oui, c’est toi qui résiste et combat le géant Goliath, toi le petit , qui grâce à sa malice, je suppose, vient à bout de toutes tes difficultés…oui, David est un prénom pour des personnes tenaces, qui font face à l’adversité avec courage et intelligence…tu l’as bien démontré avec tes enfants, face à ta famille, à tes soucis divers, mais compliqués….

Et puis David, c’est un nom de roi, et pas n’importe lequel: le roi David, un roi biblique…respect, ta Majesté!!!….Tu dois avoir ta cour, avec tes favoris, aux couleurs de zèbre….j’aimerais y faire un tour un jour….   Egalement, je suis en attente de ce fameux repas royal , qui devrait nous rassembler tous les trois, afin d’enrichir nos gazouillis…

Alors, si tu es peut-être plus proche d’un personnage qu’on pourrait trouver dans le monde de Almodovar plutôt que de Lynch, je ne peux que t’exprimer mon plus profond respect, et ma grande affection….et te féliciter pour m’avoir fait monter dans ce bateau du gazouillage…!!!(je me découvre en vrai courtisan….)

et te dire aussi que, comme un roi, tu te sortiras avec brio de tes soucis actuels…

Avec mes salutations cinématographiques

ton chevalier(?), Arthur

PS: étant à Cannes, j’aurais bien aimé aussi croisé John Malkovitch, que j’avais observé, il y a quelques semaines déjà, de façon bien indiscrète, avec envie au travers d’une fenêtre d’hôtel, alors en bonne compagnie avec l’ami Sami Frey..mais ni l’un , ni l’autre apparemment n’ont fait le déplacement…je ne saurais donc sans doute jamais le fin mot de cette histoire entre stars…

Ana pourrait répondre

Cher David, 

J’espère que tu excuseras cette liberté que je vais prendre mais j’imaginais qu’Ana si elle le pouvait aurait pu t’écrire cela en réponse à ton Billet :

« Mon Papa,

Je sais bien que ces petites choses t’agacent et je crois qu’au fond c’est une façon pour moi de te monter que je suis la, que j’existe et qu’entre toi et Maman j’ai un peu de mal parfois à trouver ma place . Contrairement à ce que tu ecris , dans quelques mois rien ne sera fini, j’ai seulement décidée de me retrouver pour mieux te retrouver et te permettre aussi de vivre un peu pour toi . Nous avançons Papa doucement mais surement et  nous construisons notre demain qui sera j’en suis sur aussi beau que nous l’espérons . Tu as toujours été la pour nous, Papa et maman à la fois et j’en suis consciente . Fais moi confiance et fais confiance à l’amour que je te porte , vis ce que tu as à vivre , sois heureux et je serais heureuse.

Je t’aime fort mon Papa »

A Ana

Rouen le 11 Mai 2011

Ma puce,

Tu as encore laissé la porte des toilettes ouverte, ta table de ton petit déjeuné non débarrassée, ton linge salle en tas dans la salle de bain et des traces de fond de teint partout dans le lavabo. C’est vrai que cela m’agace que j’aie autre chose à faire dans ma vie que de passer derrière toi pour tout ranger, mais aujourd’hui bizarrement je prends du plaisir à le faire. Tes sautes d’humeur aussi ne m’exaspèrent plus, ils m’attendrissent même, car bientôt, dans quelques mois, dans quelques jours, tout ceci aura disparu définitivement. Tu as décidé de quitter le foyer familial pour t’enfermer dans un internat. L’appartement sera bien vide sans toi. Tu vas me manquer.

Je t’aime

Ton Papa

A Porthos et Aramis

Quelque part dans le Vercors, ce 10 mai 2011

Le temps est magnifique, le vent est frais: j’adore! mais la sécheresse menace….

Je n’ai pas pu répondre à vos précédents courriers , mais mon temps est actuellement un peu compté à la minute. Oh, n’allez pas croire que je suis si bien organisé pour pouvoir prévoir tout à la seconde près. Bien au contraire, je suis plutôt du genre bordélique , et quand il y a trop de trucs en même temps, je gère plus ou moins bien les urgences…

J’ai une petite demi-heure devant moi à passer avec vous.

Ces dernières semaines ont été pleines, riches aussi en découvertes sur moi. Je me rends compte que je réponds un peu trop vite aux sollicitations qui me plaisent sans mesurer la portée que cela implique; Premier exemple: Trissare!!! C’est super, j’adore. Déjà , c’est une affaire à trois, et je trouve le trio forcément intéressant. Pourquoi parce que à deux, ou on s’aime  ou on se déteste, ou on est d’accord ou on est pas d’accord: la demi-mesure est difficile, elle passe plus pour de l’indifférence. A  trois? et bien ou on est à trois avis différents, et aucun ne peut être « meilleur » que les deux autres, ou on est deux contre un , avec forcément un des deux qui va jouer une espère de position d’entre-deux , de mesure, pour éviter que le solitaire ne se retrouve « trop » solitaire ….vous me suivez?   vous allez me dire que aussi, les deux peuvent se lier contre un pour l’achever. Mais, je pense que vous n’êtes pas dans ce type de schéma. Bon, et puis, les histoires à trois, ça sort de l’ordinaire, non?

Tout ça pour dire que Trissare, je m’y suis jeté sans réfléchir , avec enthousiasme..et puis, vous vous y êtes mis pour de bon!!!et là, je me suis dit, » Arthur, attention, il va falloir assurer un minimum…et en ce moment, pas évident ». Comme tu m’a gentiment décrit, David (merci d’ailleurs, j’aime bien la façon dont c’est fait..mais c’est peut-etre Aramis qui a écrit?), je dois aussi assurer sur deux autres blogs, je suis un peu marteau , je pense. Mais c’est pas grave, ça me plait, vous êtes de l’oxygène pour moi, et vous le savez!!!!

Pour d’autres raisons, je me suis engagé dans des trucs, on va dire « para-professionnels », pour me donner aussi de l’oxygène, me donner de bonnes raisons d’aller plus régulièrement à Paris (et d’avoir quelques chances de vous voir…), et me sortir de mon trou…mais là aussi, je dois assurer…et ça me prend du temps… Ca paye: fin du mois, je devrais partir très loin pour quelques jours;  je vais aussi donner des formations à Strasbourg (et je vais arrondir mes fins de mois plus que difficiles en ce moment)…mais il faut que je prépare tout ça, que je bosse le week end, plus(+) la famille dont il faut que je m’occupe un peu + les blogs + les mails +.+…..+… Voilà, je me lance dans trop de trucs , que finalement  je ne fais pas forcément bien , et qui m’épuisent.

Conclusion: je me dit qu’il me faut définir mes priorités, avant que ce soit les autres qui les définissent pour moi. Une fois écrit ça, « il n’y a plus qu’à », comme dirait l’autre…oui, et bien , c’est pas évident , croyez moi!!!

Toujours est-il que je me suis engagé dans cette aventure , je m’y tiendrais, faîtes-moi confiance, avec un rythme plus ou moins régulier.

Un autre truc à vous dire: les 3 mousquetaires!! Oui, j’ai une idée d’histoire dont j’ai déjà parlé à Porthos, mais très superficiellement à Aramis….et cette fameuse bande me poursuit. Les formations que je vais donner , je les fais avec trois copains-collègues..notre proposition qui a été retenue était évidemment la « proposition des 3 mousquetaires »!!!! On est donc mousquetaire pour la vie, sous ces multiples facettes…et ça, vous savez, finalement, je crois que j’aime bien, cette idée de multiples facettes de nos personnalités, même si je sais que ça peut vous énerver. Mais je n’ai pas votre force de caractère et votre courage!!!(je suis sérieux, je l’écris sans plaisanter).

A toi Aramis: fais gaffe à ce que tu bois et fumes: un Mousquetaire doit garder en toutes circonstances une certaine dignité , non? et est-ce que ca arrange les choses? bon, je sais , je fais mon moralisateur à deux balles, mais pour l’instant , je ne peux faire que ça, vu la distance qui nous sépare….Quand je te retrouve, gare à tes fesses!!!(si je puis dire!!)

A toi Porthos: ne t’inquiètes pas avec ta fille….nos ados sont des ados, et c’est pas évident, ni pour eux, ni pour nous..mais je pense que tu as su lui donner l’amour dont elle a besoin, et qui pour elle sera toujours constructeur, et une arme face à la vie….Donc , fais confiance.

Je dois vous laisser, mousquetaires!!!

Bonne journée à vous

Je vous embrasse, comme un mousquetaire, avec passion et fougue

Athos

PS: les « mousquetaires » servaient le roi, n’est-ce pas? aujourd’hui, qui sont les « mousquetaires du roi »?  En ce qui me concerne, je me sens juste mousquetaire, et aurais pu être « du roi » si on était 30 ans en arrière…on n’a jamais parlé de ça , je pense, mais il me semble que là-dessus, on est aussi plutôt sur les mêmes longueurs d’ondes.

A vous amis mousquetaires

Mes amis,

Encore une journée de soleil et de températures idylliques, j’aime Paris dans ces conditions. En temps normal, le soleil me donne une pêche incroyable, mais là malgré ce week-end familial et ce temps,  je n’arrive pas à décoller, un peu comme un feu d’artifice qui foire par excès  d’humidité.   

J’ai pourtant repris mes médocs après plusieurs mois sans et j’espérais qu’ils m’aideraient à relativiser, à me calmer, à profiter : que nenni !!  Je crois que tout ce qui me permettrait d’être un peu léger serait bon à prendre et ça m’inquiète un peu. J’ai des idées sombres et j’ai l’impression que ce tunnel n’en finit pas. Du coup comme souvent dans ces moments la, je déconne, je déraille et fais n’importe quoi. Je bois trop, je fume trop (et n’importe quoi), je m étourdis ou plus exactement m’abrutis l’esprit.

Je vous embrasse fort tous les deux , vous me manquez

Philippe

Molt d’Anys Maman

Paris le 6 mai 2011,

Papa et toi êtes repartis hier rejoindre votre île, votre maison, vos habitudes. Je suis venu déjeuner rapidement avec vous et vous dire au revoir et en vous quittant j’ai réalisé combien je te délaisse depuis quelques mois. Moi qui ai toujours été si proche, si présent, je me suis fait absent malgré moi. C’est vrai que ton regard malade me pèse de plus en plus, que te voir vieillir ainsi est une vraie torture et que je me prépare à ce qui je sais sera un moment douloureux qui me hante depuis des années, ne plus t’avoir, te parler, devoir te dire Adieu. J’ai peur de cette échéance, elle me tétanise et bêtement  plutôt que de profiter de toi, de ces ultimes moments, je fais tout le contraire. Je t’évite presque, je ne réponds pas à tes questions, soucieuse que tu es de savoir ce que va devenir ton petit dernier, celui que tu appelais « mon petit bâton de vieillesse ». Mes choix récents, même si tu les comprends, t’inquiètent, avec S. tu me savais aimé et en sécurité, je sais que tu sais que je ne vais pas très fort et j’aurais aimé t’éviter ces derniers tourments, te laisser partir en paix et sereine.  Pardon !

Aujourd’hui tu fêtes tes 85 printemps et je pense à toi, à ta douceur, à ton parfum, à tout cet amour que tu nous as donné, à cette vie pas toujours drôle que tu as eue.  Oui je pense à tous ces moments partagés, à ces veillées dont j’avais parlé sur mon blog, à ces larmes et prières qui nous unissaient.  Je t’aime Maman si tu savais combien je t’aime , j’aimerais redevenir enfant et me blottir contre toi, me laisser bercer et consoler te dire comme le chantait F GALL :

 Tous mes amis sont partis
Mon coeur a déménagé
Mes vacances c’est toujours Paris
Mes projets c’est continuer
Mes amours c’est inventer

Et le temps défile comme un train
Et moi je suis à la fenêtre
Je suis si peu habile que demain
Le bonheur passera peut-être
Sans que je sache le reconnaître

Mon coeur est confortable, bien au chaud
Et je laisse passer le vent
Mes envies s’éteignent, je leur tourne le dos
Et je m’endors doucement
Sans chaos ni sentiment

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon coeur aussi

Joyeux anniversaire ma Maman, toi qui est née le même jour que ton Père, mon « Predi «  , c’est à vous que je pense aujourd’hui , c’set à vous que je donne mon amour . Un jour nous nous retrouverons tous les 3 tout la haut et je crois bien que je serais heureux.

Un lien pour te dire combien je t’aime :