Bon alors là….

F…e,

Ton prénom résonne à chaque fois que je l’entrevois caché par Arthur. Il est vrai que notre correspondance est toujours source de plaisirs entremêlés, d’émotions complexes qui s’échouent sur un écran. Les mots s’entrechoquent, et interpellent. J’aimerai y répondre de suite comme on le fait par sms ou par messagerie instantanée. Et puis non, j’aime prendre le temps avec toi. Pesez mes mots, pansez les tiens, les miens, contempler nos faiblesses et les rapprocher un instant dans une imagerie « camaradesque ».

L’étrangeté d’une relation presque mental comme si tu n’existais pas tout à fait, une sorte de double, un moi qui n’en finirait plus de croquer la vie par un autre coté, par un angle différent qui illumine mes moments de vie sombres. Oui il y a eu la rencontre. Elle est là gravée comme un souvenir irréelle, un temps d’enfance, d’une grande intimité respectueuse à travers nos regards, nos gestes, tes mains.

Ca fait plus d’un an que je traine mes guêtres chez un Psychanalyste. Il n’est pas psychiatre, et donc je ne suis pas remboursé par la sécurité sociale. Ca fait mal mais ça fait du bien. En pur freudien, il a une écoute sans pareil et sait diriger mon travail vers les endroits ou je n’osais m’aventurer. Une impression d’effectuer un vol en parachute, parfois c’est cette image qui me vient. Je fais le grand saut et vois défiler ma vie a grande vitesse et sans cohérence apparente. Et pourtant il y en a une, elle n’est pas évidente, et il est là, rassurant, déstabilisant, interrogatif, vif, qui dirige cette haute voltige!

Et puis tu penses aussi enfin aller voir un psy. Bon alors là… hisses la voile blanche quand tu auras tuer ton minotaure et la mer Egée tu traverseras à nouveau le coeur léger.

Bien à toi

David