A Ana

Rouen le 11 Mai 2011

Ma puce,

Tu as encore laissé la porte des toilettes ouverte, ta table de ton petit déjeuné non débarrassée, ton linge salle en tas dans la salle de bain et des traces de fond de teint partout dans le lavabo. C’est vrai que cela m’agace que j’aie autre chose à faire dans ma vie que de passer derrière toi pour tout ranger, mais aujourd’hui bizarrement je prends du plaisir à le faire. Tes sautes d’humeur aussi ne m’exaspèrent plus, ils m’attendrissent même, car bientôt, dans quelques mois, dans quelques jours, tout ceci aura disparu définitivement. Tu as décidé de quitter le foyer familial pour t’enfermer dans un internat. L’appartement sera bien vide sans toi. Tu vas me manquer.

Je t’aime

Ton Papa